bilan 2020

Bilan 2020 du marché de la coiffure

Alors qu’arrive la fin de l’année 2020, l’heure des bilans a sonné. Nous avons demandé à Christophe Doré, le Président de l’Union Nationale des Entreprises de Coiffure (UNEC), de faire le point pour nous sur cette année si particulière. Que faut-il retenir de 2020 ? Que nous réserve 2021 ? Paparazzi Capillaire dresse le bilan avec lui.

Paparazzi Capillaire : Que faut-il retenir de l’année 2020 ?

Christophe Doré : 2020 restera une année inédite, voire exceptionnelle : les salons ont été fermés, l’activité économique stoppée durant un quart de l’année ! C’était une année ponctuée d’incertitudes, d’interrogations. Les avis et mesures des comités scientifiques et du gouvernement se contredisent tout le temps. 

On a donc vu s’effondrer le marché. Car la coiffure, c’est du service immédiat, on n’a pas la possibilité de reporter le chiffre d’affaires. Et il y a eu l’incompréhension, la frustration et le sentiment d’injustice liés au deuxième confinement. Toutes  et tous avaient fait de gros efforts et de gros investissements en proposant, dès le 11 mai et alors que ce n’était pas obligatoire, le port du masque pour coiffeurs et clients, et séparations en plexiglas. Le ministre Bruno Lemaire a reconnu que notre nouvelle fiche métier était un modèle. Mais pour autant, on nous a imposé une nouvelle fermeture.

À une autre échelle, l’UNEC a également perdu son président, mon ami, Bernard Stalter, de la COVID. C’est une grande perte, pour cette profession qu’il adorait et défendait avec beaucoup d’énergie, et douloureux, pour nous tous.

bilan 2020

« Pour moi, la coiffure, c’est un seul métier, une profession qui doit rester unie. L’UNEC représente tous les métiers de la coiffure : les salons, mais aussi les coiffeurs à domicile.« 

Christophe Doré, président de l’Union Nationale des Entreprises de Coiffure

PC : La crise sanitaire de 2020 a-t-elle soudé ou divisé la profession ?

CD : Pour moi, la coiffure, c’est un seul métier, une profession qui doit rester unie. L’UNEC représente tous les métiers de la coiffure : les salons, mais aussi les coiffeurs à domicile. Il y a toujours des mécontents, on ne peut pas faire l’unanimité. Pour le deuxième confinement, nous avons demandé une équité de traitement : nous voulions ouvrir les salons, le gouvernement a préféré stopper toutes les activités. Ça a été très difficile à accepter au vu des efforts fournis depuis le 11 mai.

En 2020, la profession s’est fortement mobilisée. On a vu naître un soutien mutuel important. Nous sommes un métier de contact permanent. La proximité avec le client est importante, beaucoup de professionnels se sont trouvés démunis sans ce contact quotidien et constant. Ils ont éprouvé un besoin de se rapprocher, de retrouver du lien. Beaucoup de groupes se sont créés pendant ces périodes de confinement.

PC : Cette année 2020 a-t-elle été celle du passage au numérique ?

CD : La numérisation doit s’intégrer totalement dans le monde de l’artisanat, et à plus forte raison dans la coiffure. Ces derniers mois, on a vu qu’elle était pertinente et efficace dans la prise de rendez-vous en ligne. Mais le click & collect, non. La part de marché des ventes de produits en salon est encore trop faible. Ça n’a donc pas bien pris. Mais on a vu une belle progression de la communication sur les réseaux sociaux, c’est une belle évolution.

Si notre cœur de métier reste le peigne et les ciseaux, la visio nous a permis de continuer à apprendre. Il y a eu et il y toujours aujourd’hui beaucoup de formations en e-learning. On a appris qu’on pouvait travailler autrement pour certains, c’est en train de s’ancrer dans les mœurs, et c’est une bonne chose. On a prouvé notre adaptabilité. Il faut travailler dans ce sens : limiter les déplacements inutiles, gagner du temps, c’est aussi bon pour la planète, mais aussi pour le lien social. Le lien créé autour de la visio durant les périodes de confinements est précieux. 

PC : Quel rôle a joué l’UNEC tout au long de cette année de crise sanitaire ?

CD : L’UNEC s’est battue pour toutes les aides, le Fonds de solidarité, sur le chômage partiel… Nous sommes un interlocuteur reconnu par le gouvernement. On n’a pas toujours eu gain de cause, mais nous sommes dans le dialogue avec les ministres de l’Économie et des TPE. Ils nous écoutent, même si les décisions finales leur appartiennent, et qu’ils ne nous suivent pas sur tout.

Nous sommes en temps de crise, l’UNEC a représenté et représente tous les membres de son secteur. Il faut être présent, écouter les besoins de tous. Nous restons vigilants. Les confinements ont été violents pour le chiffre d’affaires. Il y a eu jusqu’à présent très peu d’entreprises défaillantes, de fermetures. Mais on mesurera tout cela réellement dans quelques mois. Pour l’instant, le secteur est sous perfusion. Ce qui est embêtant, ce sont les Prêts garantis par l’État, que beaucoup ont déjà consommé, et qu’il va falloir rembourser.

PC : Les aides ont-elles été adaptées ?

CD : Dans l’ensemble, elles sont plutôt bien adaptées pour les TPE, mais insuffisantes pour les entreprises de plus de 10 salariés. Mais de toute façon, ça ne sera jamais suffisant : nous ce qu’on veut, c’est travailler, satisfaire nos clients, pas recevoir des aides et rester chez nous impuissants. Ce n’est pas dans notre mentalité. Aujourd’hui les trésoreries, déjà affaiblies avant les fermetures, le sont encore plus. Il faut rester vigilants dans les prochains mois, maintenir le dialogue avec le gouvernement et les ministres concernés. Ils nous écoutent, on est dans l’échange.

PC : Quelles sont vos priorités aujourd’hui ?

CD : Aujourd’hui, je me bats pour faire entendre que la coiffure est un métier essentiel, indispensable. Pour les client.es, les Français.es. Je le dis et je le martèle, tout comme Jean-Louis David et son fameux « Recoiffe-moi le moral ». En mai, tout comme en décembre, retrouver leur coiffeur était une priorité pour les gens, une obsession. Être privé de coiffeur a permis de revaloriser la profession aux yeux de tous. Leurs tentatives de fait-maison, pour certain.es, a permis de mettre en exergue le fait qu’il s’agisse d’un vrai métier : le savoir-faire, la maîtrise, les longs mois et années d’expérience qu’il faut pour acquérir cette expertise du cheveu, de la coupe, des techniques, de la colorimétrie…

Comment appréhendez-vous 2021 ?

CD : J’aimerais pouvoir vous dire que tout va changer et qu’on va pouvoir laisser 2020 et la COVID derrière nous, mais ça paraît très prématuré. On se pose des questions sur la suite, sur un éventuel reconfinement. Attendons de voir quelles seront les prochaines mesures sanitaires mises en place. On sortira grandi de cette mésaventure en arrivant à penser autrement les choses, pour la planète, pour nos enfants et petits-enfants. On aimerait que cette année soit charnière, qu’on passe immédiatement à autre chose avec 2021. Même si ces neuf derniers mois ne nous poussent pas à être réellement positifs… Je reste optimiste parce que Bernard Stalter n’aurait pas voulu qu’on soit pessimiste, qu’on baisse les bras. Il faut s’accrocher. La vie est belle. Bientôt le soleil reviendra. 


Couvre-feu : comment faire si je ne peux pas le respecter ?

Depuis la mise en place du couvre-feu à 20h le 15 décembre dernier, nous sommes nombreux à nous demander si on risque une amende en allant ou rentrant du travail. Paparazzi fait le point sur ce qui est toléré et les dérogations possibles.

Je ne serai pas chez moi avant le couvre-feu de 20h

Vous ne serez pas chez vous avant le couvre-feu, soit parce que vous finissez à 20h, soit parce que vous finissez plus tôt, à 19h ou 19h30, mais vous avez plus d’une demi-heure ou d’une heure de transport pour rentrer chez vous : dans ce cas, vous avez besoin du Justificatif de déplacement professionnel à imprimer. 

C’est à l’employeur de le remplir, avec le cachet de l’établissement. Si vous êtes salarié ou gérez votre établissement, ça suffit. Si vous êtes indépendant.e, il vous faudra ce même justificatif, ainsi qu’une Attestation dérogatoire de déplacement. Cochez la première case « Déplacements entre le domicile et le lieu d’exercice de l’activité professionnelle ».

Si vous devez partir en déplacement professionnel et partir/arriver entre 20h et 6h, vous aurez également besoin d’un justificatif et/ou d’une attestation si vous êtes indépendant.e.

Je dois aider quelqu’un ou faire une course

Si vous n’allez pas directement de votre travail à votre domicile le matin avant 6h ou surtout le soir après 20h parce que vous devez faire des courses, assister une personne vulnérable ou récupérer votre enfant, vous avez besoin d’une Attestation dérogatoire de déplacement. De même pour promener votre chien en dehors des horaires autorisés ! Gardez toujours, en plus, le Justificatif de déplacement professionnel sur vous.

Je dois aller récupérer mon enfant et ne suis pas sûr.e de pouvoir respecter le couvre-feu

Si vous vous déplacez pour le récupérer chez la personne qui le garde, il vous faut une Attestation dérogatoire. Si vous vous déplacez pour l’accompagner à l’école, au collège, lycée (ou aller le chercher), parce que ses horaires dépassent (ou les temps de transports nécessaires) il vous faut un Justificatif de déplacement scolaire. Il doit être rempli par vous mais signé (avec le cachet) par l’établissement où est scolarisé votre enfant. Enfin, si votre enfant est majeur, il doit avoir une Attestation dérogatoire de déplacement !

Tous ces documents sont à retrouver sur le site du ministère de l’Intérieur. L’attestation dérogatoire de déplacement se trouve également sur l’application TousAntiCovid ou peut se générer sur votre smartphone via ce lien. Il suffit de remplir les cases et choisir votre motif de déplacement. Le site se souvient de vos informations : pratique si vous devez l’utiliser tous les jours.

En attendant que les choses reviennent à la normale, nous espérons vous avoir un peu aidé à y voir plus clair ! Pour en savoir plus, toutes les informations sont sur le site Service public.


 

aides de l'état

FAQ : aides de l’état et confinement Comment y voir plus clair #1

Après un deuxième confinement qui s’est traduit par une fermeture des commerces déclarés comme non-essentiels, quelles sont les aides de l’état auxquelles vous pouvez prétendre en tant que professionnels ? Pour s’y retrouver dans vos droits, les dispositions qui vous concernent et les aides auxquelles vous avez droit, Paparazzi Capillaire vous donne des réponses et les liens utiles à vos démarches.

Aides de l’état : ai-je droit au Fonds de Solidarité ?

Qu’est-ce que le Fonds de Solidarité ?

Le Fonds de Solidarité fait partie des aides de l’État qui vous permet de compenser tout ou partie de votre chiffre d’affaires. En tant que salon de coiffure, barber ou institut de beauté et établissement fermé par décret à partir du 30 octobre 2020 vous y avez droit.

Quelles sont les conditions pour y avoir droit ?  

  • Votre entreprise doit compter moins de 50 salariés
  • Il n’y a pas de condition de chiffre d’affaires ou de bénéfice pour y avoir droit. 

Comment toucher le Fonds de Solidarité ?

Vous devez en faire la demande pour votre entreprise en vous connectant sur votre espace particulier (et non sur votre espace professionnel), où se trouve la messagerie sécurisée. Choisissez, dans l’option « Écrire », le motif de contact « Je demande l’aide aux entreprises fragilisées par l’épidémie Covid-19 ». 

Vous pouvez retrouver toutes les informations nécessaires sur le site du Ministère des Finances ou au 0806 000 245.

Combien puis-je espérer toucher ?

  • Pour les pertes du mois d’octobre (les 30 et 31), il n’y a aucune aide prévue. En effet, les aides interviennent si vous perdez 50% ou plus de votre chiffre d’affaire mensuel.
  • Pour les pertes du mois de novembre, le formulaire sera en ligne début décembre 2020. Il donnera droit à une compensation des pertes jusqu’à 10 000 euros. Bon à savoir : on ne prend pas en compte le chiffre d’affaires des ventes à distance dans le calcul. Le CA réalisé grâce au click and collect, c’est du bonus !
  • Le montant de l’aide est calculé automatiquement sur la base des éléments déclarés. La Direction générale des Finances publiques effectuera quelques contrôles rapides avant de verser votre aide. 

Le formulaire au titre des pertes de chiffre d’affaires du mois d’octobre est en ligne depuis le 20 novembre 2020 : ici

Indépendants et auto-entrepreneurs

En tant que professionnel.le de la coiffure ou de l’esthétique, vous avez dû fermer administrativement. Par conséquent, vous avez droit au Fonds de Solidarité. Faites-en la demande via votre espace Particulier sur le site des impôts !

Quelles sont les conditions pour avoir droit au fond de solidarité ?

Vous devez avoir créé votre entreprise avant le 30 septembre 2020. Et vous ne devez pas être titulaire d’un contrat de travail pour cette période (CDD ou CDI). 

Sur quelle base est-ce calculé ?

Pour justifier de la perte de votre chiffres d’affaires :

  • soit vous prenez celui du mois de novembre 2019,
  • soit votre chiffre d’affaires mensuel moyen de 2019
  • Selon ce qui est le plus avantageux. Si votre entreprise n’existait pas encore il y a un an, ce calcul dépend de la date de création. Des explications très claires sont sur le site officiel des auto-entrepreneurs.

Des aides de l’état pour la numérisation de votre activité

Cette deuxième fermeture administrative de l’année nous a incités à développer notre présence sur internet, en possédant un site, mais aussi une plateforme de vente à distance (en livraison ou retrait click and collect). Des investissements qui ont un coût (abonnements à une plateforme, appel à un webmaster…)

Y a-t-il une aide prévue pour la mise en place de la vente à distance ?

Oui, c’est le Chèque numérique. Il s’agit d’une aide de 500€ disponible pour tous les commerces fermés administrativement, dont les salons, instituts et barbiers. Il servira à couvrir tout ou partie des coûts liés au lancement d’une activité en ligne, que ce soit l’acquisition d’un logiciel ou la rémunération d’une prestation d’accompagnement. 

Comment en faire la demande ?

Vous pouvez en faire la demande auprès de l’agence de services et de paiement (le formulaire de demande de paiement sera très prochainement en ligne).

Certaines régions vont plus loin sur les aides et les accompagnements à la transition numérique : l’Île de FranceAuvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche Comté, Région Centre-Val de Loire, Région Grand Est, Hauts de France, NormandieNouvelle AquitaineOccitane, Pays de la LoireProvence-Alpes-Côte d’Azur.

Quelles sont les conditions pour obtenir les aides de l’état ?

Cette aide sera accordée sur présentation des factures de vos dépenses, dans la limite de 500€. Elle pourra être versée dès janvier 2021, et est prévue pour bénéficier à 120 000 entreprises fermées. 

Qui contacter concernant les aides de l’état ?

Le ministère des Finances a regroupé toutes ces informations sur un seul site. Mais si vous avez la moindre question, votre comptable et vos contacts auprès de l’Urssaf et des impôts sont vos interlocuteurs privilégiés, ils pourront vous donner toutes les explications pour votre cas particulier. Ces services restent ouverts sur rendez-vous.

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