Freak Out by Pierre Ginsburg

Pierre Ginsburg nous présente sa nouvelle collection, Freak Out, directement inspirée du New-York de la fin des années 70, à l’époque où tout le monde se bousculait pour rentrer au Studio 54. Une époque faste où les personnalités exubérantes affichaient des chevelures tout aussi excessives sans aucun complexe.


Coiffeur-coloriste : Pierre Ginsburg pour Revlon Professional . MUA : Hicham Ababsa . Photographie : Louis Piquemil . Modèles : Inga et Margaux . Agence : What Else Agency


formation professionnelle

formation professionnelle et crise sanitaire : comment s’y retrouver ?

Depuis le début de la crise sanitaire et le premier confinement, le milieu de la formation professionnelle a été fortement chamboulé. Fermeture des centres de formation, gestes barrière et distanciation sociale ont banalisé la formation à distance et amené les formateurs à revoir leurs méthodes d’enseignement et leurs supports pédagogiques. 

Pierre-Henri Berthézène revient pour Paparazzi Capillaire sur les bouleversements intervenus dans la formation professionnelle depuis les débuts de la crise sanitaire.

Depuis plus d’un an maintenant, la crise du COVID-19 a des conséquences durables sur nos habitudes de vies. Elle a impacté notre quotidien à bien des niveaux : personnel, avec nos sorties et nos loisirs, réduits au minimum ; mais aussi professionnel, avec la fermeture de très nombreux établissements accueillant du public. Ceux qui ont la chance d’avoir pu conserver une activité professionnelle ont également connu de grands bouleversements. Le télétravail et des formes distancielles d’activité se sont rapidement développés. Mais ce n’est bien sûr pas le cas pour tout le monde. Quand on travaille dans la beauté, coiffure ou esthétique, on ne peut pas exercer notre activité à distance ! Les restrictions sanitaires et l’imposition de gestes barrières ont également impacté le milieu de la formation professionnelle.

La formation professionnelle 2.0

Cette crise sanitaire et les mesures prises pour lutter contre la propagation du virus ont pris tout le monde de court. Les formateurs n’étaient pas préparés à observer de tels bouleversements de leurs méthodes de travail du jour au lendemain. Ils ont dû s’adapter. Depuis un an, les formations doivent être pensées pour être dispensées tout ou partie à distance. Avec les difficultés que cela sous-tend. Pour s’adapter, il a donc fallu composer.

Une accélération de la digitalisation de la formation professionnelle en France. 

La plupart de des organismes de formation n’étaient pas équipés, et ne fonctionnaient pas à distance. Il a donc fallu, très rapidement, opérer un changement profond, revoir le quotidien, la pratique, changer totalement de métier. Les formateurs exerçaient habituellement face à un public, avec des supports déjà faits. Ils ont dû repenser entièrement leur méthode, leur discours, leurs supports. Si la formation se basait sur des documents papier, qu’on ne peut plus distribuer, il faut désormais pouvoir fournir des supports électroniques. Mais tout le monde ne sait pas produire du contenu digital (PDF, visuels, vidéos…). Certains ont réussi à prendre facilement avec succès le virage du digital, d’autres non…

Des défis techniques

Il n’y a pas eu que l’adaptation présence/distance à gérer : il a fallu repenser entièrement l’ingénierie pédagogique des contenus. S’assurer que les formateurs, mais aussi les stagiaires, étaient bien équipés techniquement (ordinateurs avec webcam et micro qui fonctionnent, apprivoiser Teams ou Zoom, savoir guider le stagiaire…) Être capable de gérer la partie communication technique, c’est une énorme compétence qui est venue s’ajouter au métier de formateur. Il ne suffit plus d’être pédagogue, bon orateur et expert en son domaine. Les modes de communication ont changé, donc les modes de transmission de savoir et savoir-faire aussi.

A SAVOIR / Les termes présentiel/distanciel, inexistants en 2019, sont aujourd’hui sur toutes les lèvres. Mais l’Académie française a rejeté la validité de ces mots, dérivés de l’anglais. Elle préfère les expressions « à distance » et « en présence ». 

Les contraintes sanitaires

Les centres de formation et formateurs ont la responsabilité de protéger les équipes et les stagiaires, mais aussi de se conforter aux directives administratives, en respectant les jauges, les distances, en désinfectant le matériel, en aérant les pièces à intervalles réguliers… Ces conditions très drastiques concernent également l’organisation globale des stages, comme les pauses déjeuner (interdiction de déjeuner sur place sans protections), les pauses, le port du masque (impossible pour certaines pratiques, notamment en esthétique), voire, dans certains cas, l’obligation de présenter un test PCR négatif.

Les limites de la formation professionnelle à distance

En coiffure comme en esthétique, il a également fallu s’adapter. Les formations théoriques, liées au management, au développement personnel ou à la communication, se font désormais à distance, avec toutes les bouleversements que ça implique. Pour les formations pratiques, c’est plus délicat : moins de stagiaires par session pour respecter la distanciation, le port du masque obligatoire… Cette réorganisation des formations n’est pas toujours optimale. Les stages étaient également une opportunité de faire des rencontres, créer du lien social, passer un bon moment… Des aspects très importants qui passent aujourd’hui au second plan. Les stagiaires, habitués au schéma « présentiel » doivent également s’adapter: trouver la motivation et la concentration pour rester devant un écran n’est pas évident. 

Qu’est-ce qu’une bonne formation à distance ?

La formation version 2021, à distance, doit être valorisée aux yeux des stagiaires. Il faut qu’ils comprennent qu’on n’apprend pas moins bien par écran interposé. C’est juste une autre manière d’apprendre. On paie la compétence du formateur (ses connaissances, ses qualités d’animateur, de pédagogue…), sa notoriété, ce que ça va nous apporter dans l’immédiat, ou à plus ou moins long terme (compétence, nouvelle technique, nouveau soin ou prestation à ajouter au menu, valeur ajoutée, augmentation des prestations de services…).

Cependant, ce n’est pas parce que la formation à distance s’est développée ces derniers temps que tout le monde peut s’improviser formateur. Tout cela est encadré et une formation à distance bien faite correspond à un article du code du travail (article D-6313-3-1), selon lequel une formation en tout ou partie à distance doit impérativement répondre à trois critères :

  • Une assistance technique et pédagogique appropriée pour guider le stagiaire dans son parcours ;
  • Une information du bénéficiaire sur les activités à réaliser et leur durée à distance ;
  • Son évaluation.

Le bon côté des choses

Le côté très positif qu’a eu la crise sanitaire, c’est un financement à 100% des formations professionnelles. L’État a poussé et pousse toujours les travailleurs à se former, et a multiplié les actions pour rendre cela possible :

  • Financement illimité des formations pour tous ceux dont l’activité a été stoppée ou ralentie par les fermetures obligatoires et le chômage partiel (valable jusqu’en juin prochain, mais pourrait être prolongé) via le FNE ;
  • Plan d’aides à la digitalisation pour les formateurs ;
  • Report d’une loi exigeant la certification des organismes de formation afin que les stagiaires bénéficient des financements. Pour l’instant, afin de faciliter l’accès la formation en temps de crise et laisser aux formateurs le temps de s’adapter à toutes ces nouvelles mesures, l’exécution a été reportée. 

formation professionnelle

Article réalisé en collaboration avec Pierre-Henri Berthézène, spécialiste de la formation professionnelle, à la tête d’Efficient Ways (veille réglementaire et stratégique, audit, conception, ingenierie, en formation professionnelle).


Emmanuelle Cherrier ou comment redorer le blason de la coiffure

Après plus de vingt ans d’expérience en salon, Emmanuelle Cherrier se lance dans une nouvelle aventure avec « L’oreille du coiffeur ». Une initiative complète, dans laquelle elle met son expérience au service de la profession, mais aussi d’une cause : rendre à la coiffure ses lettres de noblesse en favorisant apprentissage et formation.

Quel est ton parcours ?

Emmanuelle Cherrier : Je suis amoureuse de la coiffure depuis l’âge de 5 ans. En 2008, j’ai ouvert mon salon à Epinay sur Orge, Coiffure en scène. Un lieu avec une ambiance qui me ressemble, qui alliait mes deux passions : la coiffure et le théâtre.  Un décor chargé, dorures, velours, très rococo, qui a grandi avec les années. J’ai eu jusqu’à six salariés en même temps, de nombreux apprentis, on a fait beaucoup de choses, beaucoup de formations, de coiffures de défilés avec des écoles… Je faisais des soirées avec des troupes de théâtre amateur dans le salon. Des moments conviviaux, des événements gratuits avec un spectacle, puis un apéritif, qui mélangeaient clients et amateurs de théâtre…

Quel est le rôle du coiffeur selon toi ?

Emmanuelle Cherrier : Je crois vraiment que les artisans et les commerçants ont un rôle à jouer dans la création de lien social. Les coiffeurs encore plus. Nous avons un savoir-faire qui est certain, qui aide les gens, mais nous faisons bien plus que cela. Beaucoup de coiffeurs sont passionnés, mais ça ne suffit pas. Durant toutes ces années, tout n’a pas été rose non plus. J’ai pu expérimenter les problèmes de communication, au sein d’une équipe, mais aussi avec les clients, parfois. Et surtout, un problème majeur : l’image de la profession auprès des plus jeunes, avec de grandes difficultés à recruter et fidéliser des collaborateurs. La transmission est très importante, mais la beauté du métier est mal perçue. J’ai été ambassadeur apprentissage pour l’UNEC, entre autres initiatives. En septembre 2019 j’ai revendu le salon, avec l’idée qu’il fallait que je me serve de toutes ces expériences pour redorer le blason de la coiffure. Pour moi, cela doit passer par un autre regard sur l’apprentissage : il faut accueillir les jeunes, leurs difficultés, avoir de l’empathie face à l’apprenant.

Quelles sont les difficultés du métier ?

Emmanuelle Cherrier : Aujourd’hui, quand on gère un salon, on a de nombreuses casquettes : artisan, manager, communiquant, maître d’apprentissage… quand on veut être un patron bienveillant, on s’oublie soi-même pour plaire, satisfaire. J’aimerais que les personnes qui sont attirées par ce nouveau management, un management empathique, bienveillant, ne tombent pas dans le travers de s’oublier. Le manager ne doit pas confondre rapport humain et professionnel : il faut les deux. Mais aujourd’hui les managers sont en souffrance, ils n’arrivent pas à recruter. On n’arrive pas à trouver chez les candidats à la fois un savoir-faire et un savoir-être. Et quand on a trouvé, il faut gérer au quotidien : le bien-être au travail doit être un travail d’équipe. Il faut apprendre à vivre ensemble et travailler ensemble. Mais ça va au-delà des équipes : quand on fait son métier avec passion, et que certains clients sont mécontents, notamment parce qu’on ne s’est pas compris, on peut prendre les choses de manière personnelle. Il y a les clients, mais aussi les représentants, les formateurs… tous ces gens avec qui on est amené à travailler et à échanger. Parfois, on ne se comprend pas. Dans ces moments d’incompréhension, on pense bien faire, mais le bon sens ne suffit pas toujours. Et on se retrouve en grande souffrance.

Quelles sont tes solutions face à ces problèmes de management ?

Emmanuelle Cherrier : L’écoute et la communication. Aujourd’hui on est face à un contexte de changement managerial. On souhaite aller vers un management sympa, ne pas être le méchant patron, mais ce n’est pas évident. On est dans une phase de transition : soit on va basculer du bon côté soit on retournera vers les vieilles méthodes. De mon côté, j’ai observé beaucoup de difficultés dans le management, au sein de mes équipes, mais aussi chez des confrères et consœurs. Ça a entraîné beaucoup de questionnement, de remise en question, tout un cheminement. On n’est pas vraiment formé.e pour ça, même quand on pense agir avec empathie et bon sens. J’ai découvert et je me suis formée à deux méthodes de compréhension de l’autre et de communication : les méthodes Herrmann et Carl Rogers. La méthode Herrmann consiste à comprendre les gens, et apprendre à leur parler pour qu’ils nous comprennent. On réalise un test, sous forme de questionnaire que je suis habilitée à faire passer, pour définir quelles caractéristiques cérébrales nous définissent le mieux. C’est passionnant. Carl Rogers est une méthode, très élaborée, qui apprend à communiquer de façon empathique et bienveillante. Maintenant, j’ai les clés pour gérer les situations de stress, apaiser les tensions et je souhaite les partager avec le plus grand nombre.

L’apprentissage est très important pour toi, pourquoi ?

Emmanuelle Cherrier : Tout est parti d’un constat. Quand j’ai eu du mal à recruter et trouver des apprentis, je me suis tournée vers l’UNEC et les écoles de coiffure pour comprendre pourquoi. Aujourd’hui, peu d’élèves apprentis en coiffure le sont par choix. Ils ont été orientés dans la filière coiffure par défaut. Résultat, à la fin de la première année, il n’est pas rare que les classes ne comptent plus que 25% de leurs effectifs de départ. Les autres n’ont pas pu voir la beauté du métier. J’ai beaucoup écrit sur le sujet. Je voulais même faire rentrer la coiffure dans le compagnonnage parce qu’il y a des valeurs communes : une histoire, une organisation, des pairs, un savoir-être, un vrai savoir-faire. Ça n’a rien donné, mais aujourd’hui mon but c’est de faciliter la communication avec les apprentis, et leur transmettre ma passion et les valeurs du métier.

Aujourd’hui tu te lances dans une nouvelle aventure, l’Oreille du coiffeur, qui réunit toutes ces idées. Racontes nous ce que tu proposes

Emmanuelle Cherrier : Oui, j’ai décidé de me servir de mon expérience et des formations que j’ai suivi pour aider d’autres salons et d’autres managers. Mon but, c’est de les accompagner, grâce notamment aux méthodes Herrmann et Carl Rogers, en leur amenant des outils de tolérance et d’écoute, du beau et du positif pour redorer notre métier.

Je souhaite apporter ma pierre à l’édifice avec L’Oreille du coiffeur en proposant quatre services :

Il s’agit de faire l’éducation professionnelle de l’apprenti au sein du salon. Beaucoup de coiffeurs prennent des apprentis, mais ils n’ont pas le temps de les former. Et quand ils le prennent, ils ont parfois des problèmes de communication, de blocages, d’attitude. Mais aussi, pour cela, ils prennent sur leur temps de travail effectif en salon. Mon but est, après une phase d’observation, de consacrer une demi-journée par mois, en salon, à l’apprenti pour parfaire son éducation professionnelle et son intégration dans l’équipe. Il s’agit alors pour moi d’aborder toutes les sources de tension, mais aussi les bases : le bac, le shampoing, rincer une couleur, répondre au téléphone… Il faut valoriser le travail de l’apprenti pour qu’il devienne très rapidement indispensable et rentable pour le salon. L’idée c’est qu’il ne se sente pas délaissé, qu’il soit motivé, dans l’apprentissage constant, qu’il prenne du plaisir à apprendre un métier et à travailler. Tout cela en ayant analysé son profil de pensée pour lui apporter le métier de façon personnalisée et apprendre à communiquer. Il s’agit aussi que l’apprenti réponde parfaitement aux attentes du salon et de son manager. Il s’agit de transmettre le plus rapidement possible les valeurs du salon à l’apprenti pour qu’il devienne efficace et rentable tout aussi rapidement.

Sur demande du manager, évaluer ses besoins personnels et/ou ceux de l’équipe : problèmes d’épanouissement d’équipe, de cohésion, d’efficacité, de recrutement, de rentabilité. Toujours grâce aux outils Hermann et Rogers, déterminer pourquoi ils ne communiquent plus ou pas bien et pourquoi la communication ne passe pas. Ces méthodes sont très utiles car elles permettent d’écouter, d’entendre ce qu’il ne se dit pas, faire s’exprimer les gens, mieux accepter ce qu’ils disent. Les accompagner pour s’exprimer, et leur faire comprendre que ce qu’ils expriment est un ressenti du moment et non la réalité, par exemple. Le but est d’amener de la tolérance et de la compréhension au sein de l’équipe.

Il s’agit d’aider les créateurs.trices de salon ou les managers de salons existants qui souhaitent trouver une image et se démarquer de leur concurrence. Il s’agit d’apporter un regard neuf sur l’existant ou le devenir et de proposer un nom, développer une image, travailler des pistes de communication. Tout se fait au cas par cas, en fonction du positionnement du salon, de la personnalité du manager, de son parcours, de ses passions, de ses centres d’intérêt et de ses envies. Le but est de créer une ambiance unique et personnalisée.

Il y a beaucoup de demande de remplacement, ou d’intervention sur de très courtes durées, ponctuellement, ou de manière régulière. Que ce soit pour remplacer un.e manager, un.e coloriste ou un.e coiffeur.euse, je suis là pour intervenir le temps d’un remplacement. C’est une manière pour moi de garder le lien avec le métier, de transmettre et de continuer d’apprendre.

Retrouvez Emmanuelle Cherrier et l’Oreille du Coiffeur sur sa page Facebook et par mail : emmanuelle@loreilleducoiffeur.fr


bilan 2020

Bilan 2020 du marché de la coiffure

Alors qu’arrive la fin de l’année 2020, l’heure des bilans a sonné. Nous avons demandé à Christophe Doré, le Président de l’Union Nationale des Entreprises de Coiffure (UNEC), de faire le point pour nous sur cette année si particulière. Que faut-il retenir de 2020 ? Que nous réserve 2021 ? Paparazzi Capillaire dresse le bilan avec lui.

Paparazzi Capillaire : Que faut-il retenir de l’année 2020 ?

Christophe Doré : 2020 restera une année inédite, voire exceptionnelle : les salons ont été fermés, l’activité économique stoppée durant un quart de l’année ! C’était une année ponctuée d’incertitudes, d’interrogations. Les avis et mesures des comités scientifiques et du gouvernement se contredisent tout le temps. 

On a donc vu s’effondrer le marché. Car la coiffure, c’est du service immédiat, on n’a pas la possibilité de reporter le chiffre d’affaires. Et il y a eu l’incompréhension, la frustration et le sentiment d’injustice liés au deuxième confinement. Toutes  et tous avaient fait de gros efforts et de gros investissements en proposant, dès le 11 mai et alors que ce n’était pas obligatoire, le port du masque pour coiffeurs et clients, et séparations en plexiglas. Le ministre Bruno Lemaire a reconnu que notre nouvelle fiche métier était un modèle. Mais pour autant, on nous a imposé une nouvelle fermeture.

À une autre échelle, l’UNEC a également perdu son président, mon ami, Bernard Stalter, de la COVID. C’est une grande perte, pour cette profession qu’il adorait et défendait avec beaucoup d’énergie, et douloureux, pour nous tous.

bilan 2020

« Pour moi, la coiffure, c’est un seul métier, une profession qui doit rester unie. L’UNEC représente tous les métiers de la coiffure : les salons, mais aussi les coiffeurs à domicile.« 

Christophe Doré, président de l’Union Nationale des Entreprises de Coiffure

PC : La crise sanitaire de 2020 a-t-elle soudé ou divisé la profession ?

CD : Pour moi, la coiffure, c’est un seul métier, une profession qui doit rester unie. L’UNEC représente tous les métiers de la coiffure : les salons, mais aussi les coiffeurs à domicile. Il y a toujours des mécontents, on ne peut pas faire l’unanimité. Pour le deuxième confinement, nous avons demandé une équité de traitement : nous voulions ouvrir les salons, le gouvernement a préféré stopper toutes les activités. Ça a été très difficile à accepter au vu des efforts fournis depuis le 11 mai.

En 2020, la profession s’est fortement mobilisée. On a vu naître un soutien mutuel important. Nous sommes un métier de contact permanent. La proximité avec le client est importante, beaucoup de professionnels se sont trouvés démunis sans ce contact quotidien et constant. Ils ont éprouvé un besoin de se rapprocher, de retrouver du lien. Beaucoup de groupes se sont créés pendant ces périodes de confinement.

PC : Cette année 2020 a-t-elle été celle du passage au numérique ?

CD : La numérisation doit s’intégrer totalement dans le monde de l’artisanat, et à plus forte raison dans la coiffure. Ces derniers mois, on a vu qu’elle était pertinente et efficace dans la prise de rendez-vous en ligne. Mais le click & collect, non. La part de marché des ventes de produits en salon est encore trop faible. Ça n’a donc pas bien pris. Mais on a vu une belle progression de la communication sur les réseaux sociaux, c’est une belle évolution.

Si notre cœur de métier reste le peigne et les ciseaux, la visio nous a permis de continuer à apprendre. Il y a eu et il y toujours aujourd’hui beaucoup de formations en e-learning. On a appris qu’on pouvait travailler autrement pour certains, c’est en train de s’ancrer dans les mœurs, et c’est une bonne chose. On a prouvé notre adaptabilité. Il faut travailler dans ce sens : limiter les déplacements inutiles, gagner du temps, c’est aussi bon pour la planète, mais aussi pour le lien social. Le lien créé autour de la visio durant les périodes de confinements est précieux. 

PC : Quel rôle a joué l’UNEC tout au long de cette année de crise sanitaire ?

CD : L’UNEC s’est battue pour toutes les aides, le Fonds de solidarité, sur le chômage partiel… Nous sommes un interlocuteur reconnu par le gouvernement. On n’a pas toujours eu gain de cause, mais nous sommes dans le dialogue avec les ministres de l’Économie et des TPE. Ils nous écoutent, même si les décisions finales leur appartiennent, et qu’ils ne nous suivent pas sur tout.

Nous sommes en temps de crise, l’UNEC a représenté et représente tous les membres de son secteur. Il faut être présent, écouter les besoins de tous. Nous restons vigilants. Les confinements ont été violents pour le chiffre d’affaires. Il y a eu jusqu’à présent très peu d’entreprises défaillantes, de fermetures. Mais on mesurera tout cela réellement dans quelques mois. Pour l’instant, le secteur est sous perfusion. Ce qui est embêtant, ce sont les Prêts garantis par l’État, que beaucoup ont déjà consommé, et qu’il va falloir rembourser.

PC : Les aides ont-elles été adaptées ?

CD : Dans l’ensemble, elles sont plutôt bien adaptées pour les TPE, mais insuffisantes pour les entreprises de plus de 10 salariés. Mais de toute façon, ça ne sera jamais suffisant : nous ce qu’on veut, c’est travailler, satisfaire nos clients, pas recevoir des aides et rester chez nous impuissants. Ce n’est pas dans notre mentalité. Aujourd’hui les trésoreries, déjà affaiblies avant les fermetures, le sont encore plus. Il faut rester vigilants dans les prochains mois, maintenir le dialogue avec le gouvernement et les ministres concernés. Ils nous écoutent, on est dans l’échange.

PC : Quelles sont vos priorités aujourd’hui ?

CD : Aujourd’hui, je me bats pour faire entendre que la coiffure est un métier essentiel, indispensable. Pour les client.es, les Français.es. Je le dis et je le martèle, tout comme Jean-Louis David et son fameux « Recoiffe-moi le moral ». En mai, tout comme en décembre, retrouver leur coiffeur était une priorité pour les gens, une obsession. Être privé de coiffeur a permis de revaloriser la profession aux yeux de tous. Leurs tentatives de fait-maison, pour certain.es, a permis de mettre en exergue le fait qu’il s’agisse d’un vrai métier : le savoir-faire, la maîtrise, les longs mois et années d’expérience qu’il faut pour acquérir cette expertise du cheveu, de la coupe, des techniques, de la colorimétrie…

Comment appréhendez-vous 2021 ?

CD : J’aimerais pouvoir vous dire que tout va changer et qu’on va pouvoir laisser 2020 et la COVID derrière nous, mais ça paraît très prématuré. On se pose des questions sur la suite, sur un éventuel reconfinement. Attendons de voir quelles seront les prochaines mesures sanitaires mises en place. On sortira grandi de cette mésaventure en arrivant à penser autrement les choses, pour la planète, pour nos enfants et petits-enfants. On aimerait que cette année soit charnière, qu’on passe immédiatement à autre chose avec 2021. Même si ces neuf derniers mois ne nous poussent pas à être réellement positifs… Je reste optimiste parce que Bernard Stalter n’aurait pas voulu qu’on soit pessimiste, qu’on baisse les bras. Il faut s’accrocher. La vie est belle. Bientôt le soleil reviendra. 


Maison de coiffure

Dans la Maison de Coiffure de Christophe Nicolas Biot

« Les Maisons de coiffure des années 50 et 60 ont toujours été synonymes, pour moi, de féminité, d’ambiances, de parfums et de beautés.« 

Christophe Nicolas Biot

Dans la Maison de Coiffure de Christophe Nicolas Biot

« Quand je regarde ces photos, je ne peux m’empêcher de penser aux grandes maisons de coiffure des années 50 et 60. Ce sont des mises en scène et des situations dignes d’un film burlesque de Fellini mais qui retracent assez bien des moments vécus. Je suis heureux et fier que le 52 rue St André des Arts à Paris abrite la Maison de Coiffure qui porte mon nom et perpétue cette lignée ».

Christophe Nicolas Biot


Art direction : Christophe Nicolas Biot et Federica Trotta Mureau – Photography : Danilo Falà – Styling : Maria Elena Meloni – Make up : Vichika Yorn – Make up assistant : Ruby Mazuel – Hair assistants : Romain Durand, Vincent Shum, Alick Cloudius – Produced by Mia Production.

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Pour découvrir Christophe Nicolas Biot :


Stéphanie Bozonnet @Real Campus by L'oréal

Stéphanie Bozonnet, directrice pédagogique Real Campus by L’Oréal

J’ai rencontré Stéphanie Bozonnet lorsqu’elle dirigeait la filière coiffure du CFA94, bien avant d’intégrer Real Campus by L’Oréal. Nous nous sommes tout de suite bien entendues car nous avons la même passion pour notre travail, que nous aimons bien fait, pour les apprentis de la filière coiffure. Nous avons la même envie de voir le métier de coiffeur.se mériter les lettres de noblesse qui lui reviennent, et la volonté de faire bouger les choses. Aujourd’hui, je la rejoins totalement lorsqu’elle dit qu’elle est « à la bonne place au bon endroit« . Je ne crois pas qu’il y ait meilleure personne pour faire la réussite de Real Campus by L’Oréal. Ce que je regrette le plus ? C’est que nous soyons maintenant un peu loin l’une de l’autre pour nos déjeuners improvisés à refaire le monde…

Ton plus ancien souvenir lié à la coiffure  

L’odeur de la permanente et de la laque lors de mon premier jour en stage de 3ème, au salon de madame Nowacki, à Chabeuil, le village où j’ai grandi, dans la Drôme provençale. J’ai ouvert mon premier Coiffure de Paris et je me suis dit que quand je serais grande, je voulais que mon travail compte et ressemble à ce que je voyais dans ce magazine.

Ton parcours  

J’ai démarré par un parcours classique de coiffeuse, avec un apprentissage en CAP/BP/BM et un travail en salon de coiffure en France et à l’étranger, puis en studio, plus axé productions visuelles et artistiques. Je suis devenue professeure de coiffure à 23 ans, en CFA et un peu par hasard. J’ai adoré former les​ apprenti.es​ coiffeur.es​ et les chefs d’entreprises aux diplômes d’État. 

En 2010, après une année sabbatique où j’ai fait le tour de l’hémisphère sud avec mes 20 kilos de matériel de coiffure, créé ma société de coiffure studio à Nouméa, appris l’anglais en Australie, fait de la formation en Indonésie, je suis rentrée en France et je suis devenue maman.  

À 36 ans, j’ai pris la direction de la filière coiffure du CFA94, dans le Val de Marne, avec 400 apprenti.es du CAP au BTS métiers de la coiffure. Accompagnée d’une équipe pédagogique dynamique, nous avons essayé de faire bouger les lignes en insufflant plus de modernité à la formation initiale avec des stages sur les cheveux bouclés-frisés-crépus, voyages pédagogiques au Brésil, à la Réunion, à Londres, formations spécifiques barber, concours de coiffure ….

Puis L’Oréal Professionnel m’a demandé de prendre la direction pédagogique de Real Campus by L’Oréal. J’ai évidemment immédiatement accepté ce nouveau challenge. Je suis très fière aujourd’hui de porter les valeurs de cette école innovante qui forme les entrepreneur.se.s de la coiffure de demain. 

Quel est ton meilleur souvenir lié à la coiffure  

Un shooting photo dans les rizières d’Ubud, à Bali, avec la joie de travailler sur les cheveux sublimes de mannequins tout aussi sublimes et découvrir une matière hyper malléable et brillante. Nous avons été interrompus par le tournage du film Eat Pray Love, avec Julia Roberts, qui nous a gentiment demandé de bouger (pas Julia, son staff… Mais on dira Julia pour l’anecdote… 😉)

Ton prochain grand projet 

Le grand projet professionnel qui va m’occuper ces prochaines années est évidemment Real Campus by L’Oréal. Nous avons commencé en octobre avec la première promotion du Bachelor Coiffure et Entrepreneuriat, après la promotion pilote de janvier 2020. Nous formons nos étudiant.e.s en apprentissage à l’excellence de notre métier, avec des techniques de travail ancrées dans la réalité du marché et sur tous types de cheveux, tout en donnant la boîte à outils de l’entrepreneur.se en droit, finance, marketing, management, anglais, signature digitale et soft skills. 

Ma mission est de veiller à ce que cette formation soit menée de manière ultra qualitative pour nos étudiant.e.s, de former une équipe pédagogique collaborative qui porte nos valeurs, de m’assurer que les candidat.e.s que nous sélectionnons soient les plus motivé.es et les plus agiles pour suivre cette formation, que les Maîtres d’apprentissage qui travaillent en étroite collaboration avec nous aient les bons réflexes pour faire monter en compétences les étudiant.e.s et que l’ensemble des acteurs de notre profession participent à notre projet et construisent avec nous cette école innovante.  

Ton meilleur conseil à quelqu’un qui débute 

« Ne te limite pas à ta sphère de compétences, soit curieux.se et courageux.se pour pouvoir être fièr.e de ton parcours et de ta créativité. Et surtout : reste HUMBLE. L’humilité étant une valeur qui fait souvent défaut dans notre métier. » 

Pour un dîner idéal, qui aimerais-tu inviter ? 

Alfred Hitchcock, pour qu’il nous raconte comment il s’est inspiré de ses traumatismes et de son incroyable créativité pour réaliser ses chefs-d’œuvre. J’aime son travail, notamment les films de sa période anglaise avant 1930, qui accompagnent mes insomnies.  

Jacques  Dessange, pour qu’il nous raconte son parcours, ses influences, sa vision de notre métier à son époque et ce qu’il pense de notre métier aujourd’hui. Un grand monsieur de la coiffure qui à mon sens a fait et fait toujours rayonner l’image de la coiffure à la française à travers le monde. 

Kurt  Cobain, parce que comme toutes les adolescentes des années 90 j’avais des jeans troués, les cheveux gras, des Dr Martens et un gilet vert en laine usé. Je pensais être une super grunge-rebelle-de-la-société mais non en fait… J’étais juste une ado normale. Nirvana berce encore et toujours toutes mes journées de travail. Et j’ai toujours préféré Pennyroyal tea en unplugged à Dodo l’enfant do pour endormir mon fils…

À quelle époque aurais-tu aimé vivre ?  

La mienne.  

Et j’ai hâte de connaître les prochaines générations, où l’écart entre les salaires des hommes et des femmes ne sera même plus un débat, que les femmes pourront porter une jupe sans se faire insulter, où on ne se demandera pas si c’est bien ou pas d’être gay et d’avoir des enfants, où on n’expliquera pas que Fatima n’est pas un prénom français et où plus aucun coiffeur ne dira à une femme « désolée nous ne coiffons pas les cheveux crépus ». Bref, quand mes combats n’auront plus lieu d’être.

En dehors de la coiffure que fais-tu ? 

Je voyage beaucoup. Le Brésil, la Thaïlande, les États-Unis, l’Europe… Je profite systématiquement de mes voyages pour rencontrer des coiffeurs, des salons et des écoles de coiffure. Je partage et j’apprends. Ma prochaine envie de destination à assouvir ? L’Île de Pâques et ses statues. Mais je ne suis pas sûre qu’il y ait un salon de coiffure à découvrir !  😄

Les dates importantes de ta vie  

2000 – Mon premier départ pour vivre en Nouvelle-Calédonie. J’avais 20 ans et la vie devant moi, et une sacrée peur au ventre parce que c’était quand même l’autre bout du monde. Quelle aventure !  

2013 La naissance de mon fils, parce que de tous les trucs de fous que j’ai pu faire dans ma vie, devenir maman est le plus dingue. Réussir à grandir professionnellement sans culpabiliser reste encore à travailler !  

2020Real Campus by L’Oréal, parce que je suis exactement au bon endroit au bon moment de ma carrière et que je fais professionnellement exactement ce que je rêvais de faire : une école de l’excellence qui forme vraiment les coiffeur.se.s à notre métier. 


Ce que tu détestes le plus  

Les brocolis et le manque d’humilité.  

Ce qui t’inspire le plus  

Les gens qui m’ont aidée à me construire. 

Mon grand-père, pour ses récits de voyages en tant que marin de la marine marchande, et qui raconte les ports à peine construits des pays qu’il a traversés dans les années 40. Et ma grand mère pour son amour de la langue française et de sa fierté à mon égard qui me porte tous les jours.  

Mon Maître d’apprentissage, Jean-Jacques Damian, qui a su m’insuffler la confiance et l’autonomie dont j’avais besoin pour grandir dans mon métier . 

Mes étudiants, anciens, nouveaux et futurs, qui m’apprennent et m’apportent tellement. Les voir grandir professionnellement me réjouit et je suis heureuse de me dire que je suis une petite pierre à l’édifice.  

La Directrice de la Division des Produits Professionnels de L’Oréal, Nathalie Roos, qui a une vision si éclairée et juste pour notre profession. Elle est à l’origine de ce fantastique projet qu’est Real Campus by L’Oréal et me fait confiance au quotidien pour mettre en œuvre cette architecture pédagogique disruptive. 

L’objet dont tu ne te sépares jamais  

Mes iPhones pro et perso. Je suis un peu “control freak” je dois être joignable et pouvoir joindre qui je veux, quand je veux, partout sur la planète, tout le temps. 

Ton insulte préférée  

PuTAINNNNNN ! Et la variante PuNNNNNNAISE que je rattrape au vol  quand je suis avec  mon fils. 

Le mot que tu ne prononces jamais  

Impossible. Ça n’est pas dans mon vocabulaire. Et sinon, postprandial, mais on a rarement l’occasion de le placer dans une conversation… 

Ton lieu idéal

La baie d’Oro, sur l’Île des Pins, en Nouvelle Calédonie. Certainement l’endroit le plus magnifique de notre planète et le plus proche du Paradis.


Real Campus by L’Oréal –  98 Rue Didot, 75014 Paris


Biot

Christophe-Nicolas Biot, coiffeur Bio, mais pas que…

C’est sur scène que j’ai d’abord vu Christophe-Nicolas Biot avant de le rencontrer et d’échanger avec lui. Beaucoup de gens m’avaient dit : « Tu vas voir tu vas adorer… sur scène c’est une rock-star, et ça n’a rien à voir avec ce qu’on voit d’habitude… » Franchement, quand on me dit « tu vas adorer« , j’y vais plutôt à reculons, car je me dis que personne ne sait vraiment ce qui peut me plaire, arrivant moi-même à me surprendre dans mes choix. Mais c’est un autre sujet… Je m’égare ! Quand je l’ai vu sur scène pour la première fois, sincèrement, j’ai adoré ! Parce que Christophe-Nicolas Biot sur scène, c’est beau, c’est esthétique, c’est émouvant, c’est rempli de messages, et c’est sincère. Je l’ai ensuite vu lors d’une conférence de presse et j’ai découvert un homme profondément passionné par son métier, à la culture générale incroyable. Depuis, on se voit souvent, on échange beaucoup et on rit toujours ! Avec mille projets à la minute, il sait emmener son entourage et ses équipes dans son sillon toujours prometteur d’aventures et de succès. Aujourd’hui il se livre pour Paparazzi Capillaire sur son parcours, ses projets, ce qu’il aime et n’aime pas…

Ton plus ancien souvenir lié à la coiffure 

Il est lié à ma mère, forcément…

Je devais avoir 5 ans quand je suis entré dans la salle de bains de ma maman qui était en train de se coiffer. Elle avait crêpé chaque mèche de cheveux et se retrouvait avec une tête de folle avant de faire son fameux chignon bouclé. Je la regardais se coiffer et je trouvais exceptionnelle la transformation avant/après.

Ton parcours

J’ai commencé bien avant l’heure. J’ai fait un préapprentissage avant mon CAP. J’ai décidé du jour au lendemain de ne plus aller à l’école. Je rentrais en 4ème et avant la rentrée de septembre, je suis allé balayer des cheveux et faire des shampoings chez un coiffeur avant de rentrer en préapprentissage où on ne fait que de la théorie et pas de cours pratique.

J’ai commencé à faire de la clientèle à 16 ans. J’ai passé mon CAP et le Brevet de Compagnon, exception alsacienne. Il est l’équivalent du CAP et j’ai eu les deux.

J’ai eu le CAP à 16 ans et le BP à 17 ans. En fait, lorsque j’ai fait ma 1ère année de BP, je suivais en parallèle les cours de 2ème année de CAP.

J’ai pu passer mon CAP au bout d’un an car j’avais cumulé un nombre suffisant d’heures grâce au préapprentissage. Et lorsque je suis arrivé en 2ème année de BP, j’ai suivi en même temps la 1ère année de BM.

Je suis venu à Paris pour la première fois à 16 ans pour un an et je suis revenu très souvent ensuite.

Mon maître d’apprentissage, André Savary, Meilleur Ouvrier de France, m’avait envoyé chez un ami, Guy-Noël Baquey, qui m’a pris sous son aile à Paris.

Après le BM j’ai ouvert mon premier salon de coiffure à Mulhouse où je suis revenu il y a trois ans.

À 20 ans, je ne voulais pas porter le nom d’un coiffeur. Je voulais un nom de marque pour mon salon. J’aimais bien Mod’s Hair et je les trouvais très modernes. Mais je suis tombé sur le nom de Courrèges Coiffure qui était une licence appartenant à Claude Maxime. J’aime beaucoup Courrèges et j’ai été le 1er franchisé de la licence qui a eu jusqu’à 20 salons. D’ailleurs, à Mulhouse, on m’appelait Christophe Courrèges….

J’ai intégré l’équipe artistique Claude Maxime, et du coup je venais souvent à Paris…

J’ai ouvert jusqu’à 4 salons entre 1993 et 1998 : deux à Mulhouse, un à Colmar et un à Strasbourg. C’était deux Courrèges et deux Claude Maxime. J’ai beaucoup aimé l’entreprenariat, mais j’étais quand même très jeune. J’étais plus heureux à Paris à faire de l’artistique. Le poids des responsabilités n’est pas le même, et au bout de sept ans, j’ai vendu mes salons aux managers.

À l’époque je faisais déjà du végétal. J’en ai fait dès mon apprentissage. J’ai commencé avec des hennés, l’essence même du végétal.

C’était une période particulière, insouciante et inconsciente… J’ai pris ma valise et je suis arrivé à Paris. La chance est une donnée très importante dans la vie, quoiqu’on en dise. J’avais une amie qui avait un appartement rue de Saussure dans le 17éme. J’ai débarqué chez elle. Elle m’a prêté son appartement car elle était absente et j’y suis resté deux mois, le temps de me trouver un point de chute. Je suis venu à Paris car j’avais une offre d’emploi.

Le groupe Claude Maxime, propriétaire du 122 rue St Honoré, devenu ensuite l’Académie Toni & Guy, m’avait demandé de prendre la direction du lieu. C’était la deuxième grande adresse de Claude Maxime. Le salon était au 1er étage et au-dessus il y avait des chambres de bonnes aménagées en studette, et c’est là que je me suis installé. Depuis, j’habite toujours à grande proximité de mes lieux de travail. J’ai dirigé l’affaire pendant deux ans.

Deux mois après être arrivé à Paris, j’ai rencontré Emmanuelle Seigner que je coiffe toujours, et qui m’a ouvert les portes des théâtres.

Ma rencontre avec Emmanuelle 

Dans une soirée, j’ai rencontré une costumière avec qui j’ai beaucoup discuté et avec qui ça a matché tout de suite. Elle travaillait sur des plateaux et une semaine après notre rencontre, elle m’appelle : elle était avec une comédienne qui était obligée de se transformer entre deux entrées sur scène. Elle avait besoin de conseils, car c’était compliqué pour elle. C’était Emmanuelle Seigner. J’ai discuté avec elle de sa couleur, et ce que je lui ai dit lui a plu puisqu’elle est ensuite venue au salon. C’est la première personne connue que j’ai eue comme cliente, et cela m’a porté bonheur !

Un mois plus tard j’avais ¼ de page dans le ELLE

Entre 2000 et 2003, j’ai beaucoup travaillé dans les théâtres où mon nom a commencé à circuler, même si je continuais, bien évidemment, à être au salon. J’ai fait huit pièces. Je n’y étais pas tous les soirs sauf pour L’Éducation de Rita, pendant quatre mois. Pour les autres pièces, je faisais les coiffures pour les photos, les couleurs, et j’apprenais aux comédiennes à se coiffer et entretenir leurs cheveux.

En 2002, la maison Claude Maxime est entrée en redressement judiciaire et l’administrateur m’a demandé de prendre la direction de Claude Maxime Mondial avenue Georges V. Il fallait que la maison tourne pendant le rachat. M. François a racheté Claude Maxime. Je suis resté Directeur Artistique de Claude Maxime, même s’il ne restait qu’un seul salon et en 2006, j’ai été nommé Directeur Artistique Général des marques du Groupe VOG : Claude Maxime, VOG, Tchip et Formul’A.

En janvier 2009, je suis parti pour devenir Ambassadeur Artistique International de Wella Professionals.

Pendant un an, j’ai été un peu nomade, je cherchais un lieu pour travailler. J’ai rencontré Marianne Gray qui m’a sous-loué une pièce dans son salon dans le VIème arrondissement de Paris. J’avais avec moi un assistant et une coiffeuse. Marianne Gray m’avait laissé entendre qu’elle voulait partir. Je suis devenu propriétaire du fond de commerce en 2010 et des murs en 2017. En 2010, j’ai créé « le Bar à Chignons Minute« .

En 2013, j’ai ouvert le Bar des Coloriste avec Jean-Marc Lucifora, le premier concept auto-proclamé de vente de produits professionnels au grand public par des experts coloristes.

En 2016, j’ai ouvert L’Atelier Biot dans la Galerie Vivienne. C’est un lieu naturel de produits 100% végétaux sans une once de produits conventionnels ou chimiques et sans diffusion de laque.

2017, j’ai ouvert une Maison de Coiffure à Mulhouse, au même endroit où j’avais commencé en 1993.

Je ne sais jamais si c’est moi qui choisis les lieux ou si ce sont les lieux qui me choisissent. Ce sont toujours des lieux qui ont une connotation historique.

Puis il y a eu la cabine au Lutétia, puis deux ouvertures saisonnières de Maisons de Coiffure à Val d’Isère au sein du Mademoiselle et à St Tropez au sein du Château de la Messardière.

Ton meilleur souvenir lié à la coiffure 

J’en ai tellement… Mais le meilleur souvenir est toujours à créer.

Tes prochains projets 

J’ai toujours beaucoup de projets en tête… j’ai de nouvelles adresses qui vont ouvrir à travers le monde puis un nouveau concept à venir début 2021, de nouvelles lignes de produits, de nouveaux projets à l’international avec Wella Professionals, et ma tournée d’adieu à la scène (et pas à la coiffure, ndlr) que j’aurais dû faire en 2020 et que je n’ai pas pu commencer.

Ton meilleur conseil à quelqu’un qui débute 

Il faut toujours regarder devant soi, tout en respectant le passé et ne pas avoir d’attaches, de montre. Il ne faut pas être assujetti à quoi que ce soit. Uniquement à sa passion.

Pour un dîner idéal, qui aimerais-tu inviter ?

J’inviterais : Rudolf Noureev, Greta Garbo, François Mitterrand (et pas pour son appartenance politique), Meryl Streep, Yves St Laurent, Bernard Buffet, Dali et Jacques Brel… C’est déjà pas mal… J’ai peur qu’après on ne s’entende plus parler !

À quelle époque aurais-tu aimé vivre ?

J’ai longtemps dit « mon époque« , mais avec ce qu’on est en train de vivre, ce n’est pas la meilleure ! La période la plus créative et la plus excitante à tout point de vue c’est entre les années 60 et 80. Pour la mode, les artistes… pour tout. J’aurais aimé être acteur de mon métier à cette époque-là.Tout se passait à Paris. On rêvait d’Alexandre de Paris, des sœurs Carita, de Jean-Louis David, de Claude Maxime, tous très modernes… C’était une superbe période en terme de création…

En dehors de la coiffure que fais-tu ?

Rien, je n’ai pas le temps… la coiffure me prend tout mon temps.

Les dates importantes de ta vie 

De ma naissance à aujourd’hui, chaque journée est importante.

Ce que tu détestes le plus 

La mauvaise foi et l’injustice. Je déteste aussi le « bon courage » à chaque fin de conversation en ce moment.

Ce qui t’inspire le plus 

La vie elle-même et la politique. Dans la vie tout est politique. On fait de la politique même si on ne veut pas en faire… Les décisions politiques influencent ma vie. On retrouve tout ça dans mes shows, où il y des messages.

L’objet dont tu ne te sépares jamais 

Mes lunettes… j’en ai plus de 50 paires. J’ai plus de lunettes que de caleçons… 🤣🤣🤣

Ton insulte préférée 

Quelle gourde celle-là ! ou : idiote !!

Le mot que tu ne prononces jamais 

Si je le prononce ce ne sera plus un mot que je ne prononce jamais donc je ne vais pas le prononcer.

Ton lieu idéal 

Mes Maisons de coiffure


www.christophenicolabiot.com

Maison de Coiffure Christophe Nicolas Biot, 52 rue St André des Arts, Paris 6

Maison de coiffure Christophe Nicolas Biot, 25 rue Royale, Paris 8

Maison de Coiffure Christophe Nicolas Biot, 1 passage de l’Hôtel de ville, Mulhouse

Maison de Coiffure, Hôtel Airelles Mademoiselle, Val d’Isère

Maison de Coiffure, Château de la Messardière, St Tropez

L’Atelier Biot, 51 Galerie Vivienne, Paris 2

Pour aller plus loin


sylvie grammatico

Dans le salon de Sylvie Grammatico à Fuveau

Après le premier confinement, fin septembre, je suis partie sur les chemins de France à la rencontre des coiffeurs et c’est à Fuveau que j’ai rencontré Sylvie Grammatico.

C’est près de Marseille que Sylvie Grammatico a installé ses paires de ciseaux, ses brosses et encore bien d’autres choses, dans son salon nommé Starlett. Elle nous a accueillis avec son sourire masqué et son accent chantant. Ce qui m’a le plus marquée ? C’est que Fuveau est une petite ville, mais dans la rue de Starlett, il n’y a pas moins de quatre ou cinq autres salons de coiffure… Alors, quels sont les secrets de Sylvie pour que son salon attire la clientèle ? Le moins que l’on puise dire est que Sylvie a plusieurs casquettes….

Nous lui avons posé la question et bien d’autres, et loin de se laisser abattre par la crise sanitaire, Sylvie continue sa route, des projets plein la tête. Elle nous parle de son quotidien, mais aussi de la section Intercoiffure PACA-Corse qu’elle représente et anime avec beaucoup d’entrain !

Découvrez Sylvie en vidéo :

Planity Jérémy Queroy

Jérémy Queroy, co-fondateur de Planity

Si Jérémy se rappelle bien de notre première rencontre, bien avant la création de Planity, c’est un peu plus flou pour moi… Je sais qu’à l’époque il était chez Schwarzkopf. On se croisait sans vraiment discuter jusqu’à l’une de ces fameuses soirées dont la coiffure a le secret. Nous avons discuté, beaucoup ri et fait la fête… aussi simple que cela ! Puis il a créé Planity avec deux amis, une plateforme de réservation en ligne dédiée à la beauté. En créant « le Doctolib de la beauté« , les trois amis venaient de créer un concept novateur sur le secteur et promis à un bel avenir.

Jérémy est tombé dans la coiffure quand il était petit, elle fait partie de son ADN. Il peut vous parler du marché pendant des heures et j’ai appris, au fil du temps, que son jugement était souvent très avisé et que c’était quelqu’un de très fidèle en amitié.

Ton plus ancien souvenir lié à la coiffure 

Mon plus ancien souvenir lié à la coiffure date de l’enfance, quand je passais du temps dans le salon de ma tante où ma mère travaillait comme coiffeuse les fins de semaines.

Ton parcours

J’ai toujours été attiré par cet univers et c’est en 2006 que j’ai intégré Schwarzkopf Professional. D’abord comme commercial puis Directeur régional, avec sur la fin des missions additionnelles liées à la formation et au marketing. Puis Antoine Puymirat, un ami d’enfance qui avait créé la première entreprise de rendez-vous en ligne en France, m’a proposer de créer ensemble « le Doctolib de la beauté« , à savoir Planity.

Je n’ai pas hésité une seconde car les professionnels de notre secteur avaient besoin d’être accompagnés dans la digitalisation de leurs établissements tout en respectant leurs marges, ce qui n’existait pas.

Quel est ton meilleur souvenir lié à la coiffure 

J’en ai énormément ! Surtout en termes de rencontres, cependant pour en citer qu’un c’est l’appel d’un des premiers partenaires au début de l’aventure Planity qui m’a dit : « Merci c’est vraiment génial j’ai plus de 50% de rendez-vous en ligne et les clients sont ravis de pouvoir réserver 24H/24- 7J/7, ça m’a changé la vie« . Ce genre de souvenirs donnent l’envie de faire toujours mieux.

Ton prochain grand projet

À court terme, proposer de nouveaux services afin d’aider les professionnels à développer encore plus leur chiffre d’affaires et se rapprocher le plus possible de la demande des consommateurs.

Planity étant leader français de la réservation coiffure-beauté, nous avons pour projet à moyen terme de faire de Planity le leader européen de la réservation beauté.

Ton meilleur conseil à quelqu’un qui débute 

Réfléchis au « pourquoi » tu le fais et si ça a un sens plus profond que financier, fais-le.

N’écoute pas l’avis de tout le monde : les gens te conseillent avec leur propre vision du monde. Écoute l’avis de celui qui a réussi dans ce que tu veux accomplir.

Mesure l’impact de toutes les actions que tu mets en place et modifie rapidement ce qui ne fonctionne pas.

Pour un dîner idéal, qui aimerais-tu inviter ?

Hormis une bouteille de Pessac Léognan millésimée 😁, je dirais une personne ayant un parcours professionnel ou personnel inspirant.

À quelle époque aurais-tu aimé vivre ?

Celle-ci car nous n’avons rien à envier aux autres époques qui ont connu elles aussi des difficultés.

Le progrès nous permet de sauver plus de vies grâce à l’avancée de la médecine.

La technologie nous permet plus de confort dans notre quotidien et un accès à l’information et à la connaissance immédiat.

En dehors de la coiffure que fais-tu ?

Je m’instruis par la lecture et par des podcasts tout en conservant du temps pour ma famille et mes amis.

Les dates importantes de ta vie

2006

Mon arrivée chez Schwarzkopf Professional. Après mon premier rendez-vous commercial, je me suis dit : « J’aime tellement la clientèle avec laquelle je travaille, j’espère pouvoir leur apporter une valeur ajoutée et ne pas être un simple commercial. » 

2012

Je suis le plus jeune des directeurs régionaux. J’ai beaucoup d’idées et de convictions. J’ai la chance d’avoir un parrain dans l’entreprise qui me fait comprendre que je dois insuffler à mon équipe la valeur ajoutée que je souhaite apporter à mes clients. Ce fut une belle aventure humaine…

2016

Suite à la proposition d’Antoine Puymirat, je décide de quitter Schwarzkopf pour co-fonder Planity. Le rendez-vous en ligne, à ce moment-là, n’est pas encore quelque chose d’évident pour les professionnels. Il n’existe que des plateformes promotionnelles, qui selon moi vont à l’encontre de l’intérêt du professionnel.

Nous avons eu la chance d’avoir des clients qui ont accepté de tester et d’ajuster l’outil avec nous, avant de lancer la commercialisation en 2017. J’en profite pour les remercier à nouveau, ils se reconnaitront 😉.

2017

Lancement de la plateforme Planity.com, commercialisation du logiciel de rendez-vous. L’aventure commence… Nous sommes 10 dans l’entreprise, co-fondateurs compris, et nous ajustons tout au millimètre près pour satisfaire notre clientèle.

2018

Lancement de l’option logiciel de gestion de l’encaissement certifié NF525, afin de faciliter l’usage à nos clients et de répondre à la norme en vigueur en France.

2019

Refonte visuelle de la plateforme Planity.com, en partenariat avec des clients talentueux et un couple d’influenceurs en égéries.

mars 2020

Comme tout le monde nous avons été contraints de nous confiner. Nous avons décidé d’aider les pros du mieux que l’on pouvait : gestion des annulations pour eux, abonnements offerts, préparation de la reprise notamment concernant les mesures sanitaires.

mai 2020

Nous relançons la réservation sur planity.com le 1er mai pour les premiers rendez-vous le 11 mai.

C’est incroyable car certains partenaires se sont retrouvés complets pendant 2 mois, 1 heure après l’ouverture des réservations.

juin 2020

Notre première campagne grand public avec affichage métro et bus.

octobre 2020
  • Plus de 130 personnes sont au service de nos partenaires,
  • 10 000 partenaires professionnels,
  • 1 rendez-vous pris toutes les secondes sur Planity.

Nous sommes leader dans notre secteur, tout en respectant la tarification et la marge de nos partenaires, et avec la certitude que le consommateur préfère la qualité et l’accessibilité à une remise.

Ce que tu détestes le plus 

Les gens prêts à tout et irrespectueux.

Ce qui t’inspire le plus

La citation du jeune réalisateur Xavier Dolan : »Tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais. »

L’objet dont tu ne te sépares jamais 

Mon iPhone.

Ton insulte préférée

Joker ! (on ne saura pas…)

Le mot que tu ne prononces jamais 

Ce n’est pas 1 mot mais 2. C’est « Bon courage » car je n’aime pas sa connotation négative. Je préfère souhaiter une excellente journée à quelqu’un.

Ton lieu idéal 

Fidèle à mes racines, le bassin d’Arcachon.


Planity, plateforme de prise de rendez-vous connecté et outil de gestion pour les professionnels de la beauté.

Jérémy Queroy, Antoine Puymirat et Paul Vonderscher

beauté japonaise

Les Secrets de la beauté japonaise dévoilés

Du 7 octobre 2020 au 6 février 2021, la Maison de la Culture du Japon à Paris propose un exposition inédite autour de la beauté japonaise. Coiffure, maquillage, rituels et tradition, une exposition passionnante à découvrir absolument si vous êtes de passage à Paris.

Les codes de la beauté japonaise

Quand on pense à la beauté japonaise, il est difficile d’échapper à l’image des geishas, sublimes silhouettes devenues mythiques, que l’on croise encore aujourd’hui dans certaines rues de Kyoto. Kimono, ceinture obi, chignons ornés de piques, visages et cou d’un blanc immaculé, bouche rouge… Saviez-vous que cette esthétique si particulière et chère à la tradition remonte à l’ère d’Edo (1603-1867) ? C’est à cette période que se sont construits ces codes de la beauté, en même temps que l’art du théâtre kabuki et des estampes. La beauté des femmes japonaises est codifiée. Le moindre détail est pensé dans des manuels d’éducation et transmis de génération en génération. L’esthétique est alors un marqueur social fort. Il permet de déterminer l’appartenance de classe, mais aussi le statut marital de la femme. 

Le Gynécée de Chiyoda : Le changement d’habits, Yôshû Chikanobu © POLA Research Institute of Beauty & Culture

Placement de produit et influenceurs avant l’heure

À deux pas de la Tour Eiffel et du musée du Quai Branly se trouve la Maison de la Culture du Japon. C’est là que se tient, jusqu’au 6 février 2021, une très belle exposition qui raconte, au travers de nombreuses estampes et accessoires, l’importance sociale de la beauté japonaise.

Les estampes montrent des portraits de femmes aux coiffures et maquillages très sophistiqués, des scènes de femmes s’apprêtant, des représentations fidèles d’ustensiles et de produits cosmétiques. Certaines des pièces présentées nous montrent que les réseaux sociaux n’ont pas inventé le placement de produits. Les noms des produits ou des marchands sont représentés et mis en scène. Les marques de rosée florale, rouge précieux et blanc pour le teint, best-sellers de l’époque, ont déjà de jolis contenants et des ambassadeurs : les acteurs de kabuki et les courtisanes. Leurs silhouettes pointues faisaient l’admiration de toutes les femmes. De vrais « faiseurs de tendance », dont l’art de la parure devenait un source d’inspiration quotidienne.

Blanc, noir, rouge : trois couleurs pour un maquillage complexe

Le maquillage à l’ère Edo tourne autour de trois couleurs seulement. L’application demande un certain savoir-faire et obéit à des codes très précis.

  • Le blanc, un art subtil utilisé pour le visage, le cou et la nuque. Il est dosé pour apporter de l’éclat et du modelé au visage. Il doit mettre certaines zones en valeur, et en éviter d’autres, comme la racine des cheveux. 
  • Le noir, un marqueur social fort utilisé pour les sourcils, mais aussi les dents. Les femmes se teignent les dents de noir une fois mariées. Elles se rasent les sourcils à la naissance de leur premier enfant. Il y a cependant des exceptions. Ainsi, dans la noblesse de cour et l’aristocratie guerrière, passé un certain âge, les femmes redessinent leurs sourcils haut sur le front, en fonction de la forme de leur visage. Et les courtisanes peuvent aussi se teinter les dents de noir, en signe de fidélité à leur client.
  • Le rouge, rare et précieux. Il se pose avec parcimonie sur les lèvres et les joues, mais aussi les ongles et le coin de l’œil. 

La coiffure japonaise : l’art du chignon à son apogée

L’art sophistiqué de la coiffure connaît un tournant à l’époque Edo. Depuis des siècles, les japonaises laissaient traditionnellement pendre leur longue chevelure dans le dos. Mais les danseuses de kabuki et les femmes de plaisir ont commencé à relever leurs cheveux vers la fin du XVIe siècle. Tout comme le maquillage, la coiffure est un indicateur d’âge, de classe sociale, de statut matrimonial ou de profession. Les styles de chignons se diversifient rapidement, au point qu’on en compterait jusqu’à plusieurs centaines. Certains ont été reproduits sous forme de perruques miniatures pour l’exposition. Parallèlement se développent les ornements de cheveux. Peignes, épingles, piques en nacre, argent, bois, ivoire ou écaille de tortue viennent ainsi égayer le noir des cheveux. Ce sont les seuls accessoires des femmes japonaises, qui ne portent aucun bijou : pas de colliers, bracelets, bagues ou boucles d’oreilles.

© POLA Research Institute of Beauty & Culture

Secrets de beauté, Maquillage et coiffure de l’époque Edo dans les estampes japonaises