Biot

Christophe-Nicolas Biot, coiffeur Bio, mais pas que…

C’est sur scène que j’ai d’abord vu Christophe-Nicolas Biot avant de le rencontrer et d’échanger avec lui. Beaucoup de gens m’avaient dit : « Tu vas voir tu vas adorer… sur scène c’est une rock-star, et ça n’a rien à voir avec ce qu’on voit d’habitude… » Franchement, quand on me dit « tu vas adorer« , j’y vais plutôt à reculons, car je me dis que personne ne sait vraiment ce qui peut me plaire, arrivant moi-même à me surprendre dans mes choix. Mais c’est un autre sujet… Je m’égare ! Quand je l’ai vu sur scène pour la première fois, sincèrement, j’ai adoré ! Parce que Christophe-Nicolas Biot sur scène, c’est beau, c’est esthétique, c’est émouvant, c’est rempli de messages, et c’est sincère. Je l’ai ensuite vu lors d’une conférence de presse et j’ai découvert un homme profondément passionné par son métier, à la culture générale incroyable. Depuis, on se voit souvent, on échange beaucoup et on rit toujours ! Avec mille projets à la minute, il sait emmener son entourage et ses équipes dans son sillon toujours prometteur d’aventures et de succès. Aujourd’hui il se livre pour Paparazzi Capillaire sur son parcours, ses projets, ce qu’il aime et n’aime pas…

Ton plus ancien souvenir lié à la coiffure 

Il est lié à ma mère, forcément…

Je devais avoir 5 ans quand je suis entré dans la salle de bains de ma maman qui était en train de se coiffer. Elle avait crêpé chaque mèche de cheveux et se retrouvait avec une tête de folle avant de faire son fameux chignon bouclé. Je la regardais se coiffer et je trouvais exceptionnelle la transformation avant/après.

Ton parcours

J’ai commencé bien avant l’heure. J’ai fait un préapprentissage avant mon CAP. J’ai décidé du jour au lendemain de ne plus aller à l’école. Je rentrais en 4ème et avant la rentrée de septembre, je suis allé balayer des cheveux et faire des shampoings chez un coiffeur avant de rentrer en préapprentissage où on ne fait que de la théorie et pas de cours pratique.

J’ai commencé à faire de la clientèle à 16 ans. J’ai passé mon CAP et le Brevet de Compagnon, exception alsacienne. Il est l’équivalent du CAP et j’ai eu les deux.

J’ai eu le CAP à 16 ans et le BP à 17 ans. En fait, lorsque j’ai fait ma 1ère année de BP, je suivais en parallèle les cours de 2ème année de CAP.

J’ai pu passer mon CAP au bout d’un an car j’avais cumulé un nombre suffisant d’heures grâce au préapprentissage. Et lorsque je suis arrivé en 2ème année de BP, j’ai suivi en même temps la 1ère année de BM.

Je suis venu à Paris pour la première fois à 16 ans pour un an et je suis revenu très souvent ensuite.

Mon maître d’apprentissage, André Savary, Meilleur Ouvrier de France, m’avait envoyé chez un ami, Guy-Noël Baquey, qui m’a pris sous son aile à Paris.

Après le BM j’ai ouvert mon premier salon de coiffure à Mulhouse où je suis revenu il y a trois ans.

À 20 ans, je ne voulais pas porter le nom d’un coiffeur. Je voulais un nom de marque pour mon salon. J’aimais bien Mod’s Hair et je les trouvais très modernes. Mais je suis tombé sur le nom de Courrèges Coiffure qui était une licence appartenant à Claude Maxime. J’aime beaucoup Courrèges et j’ai été le 1er franchisé de la licence qui a eu jusqu’à 20 salons. D’ailleurs, à Mulhouse, on m’appelait Christophe Courrèges….

J’ai intégré l’équipe artistique Claude Maxime, et du coup je venais souvent à Paris…

J’ai ouvert jusqu’à 4 salons entre 1993 et 1998 : deux à Mulhouse, un à Colmar et un à Strasbourg. C’était deux Courrèges et deux Claude Maxime. J’ai beaucoup aimé l’entreprenariat, mais j’étais quand même très jeune. J’étais plus heureux à Paris à faire de l’artistique. Le poids des responsabilités n’est pas le même, et au bout de sept ans, j’ai vendu mes salons aux managers.

À l’époque je faisais déjà du végétal. J’en ai fait dès mon apprentissage. J’ai commencé avec des hennés, l’essence même du végétal.

C’était une période particulière, insouciante et inconsciente… J’ai pris ma valise et je suis arrivé à Paris. La chance est une donnée très importante dans la vie, quoiqu’on en dise. J’avais une amie qui avait un appartement rue de Saussure dans le 17éme. J’ai débarqué chez elle. Elle m’a prêté son appartement car elle était absente et j’y suis resté deux mois, le temps de me trouver un point de chute. Je suis venu à Paris car j’avais une offre d’emploi.

Le groupe Claude Maxime, propriétaire du 122 rue St Honoré, devenu ensuite l’Académie Toni & Guy, m’avait demandé de prendre la direction du lieu. C’était la deuxième grande adresse de Claude Maxime. Le salon était au 1er étage et au-dessus il y avait des chambres de bonnes aménagées en studette, et c’est là que je me suis installé. Depuis, j’habite toujours à grande proximité de mes lieux de travail. J’ai dirigé l’affaire pendant deux ans.

Deux mois après être arrivé à Paris, j’ai rencontré Emmanuelle Seigner que je coiffe toujours, et qui m’a ouvert les portes des théâtres.

Ma rencontre avec Emmanuelle 

Dans une soirée, j’ai rencontré une costumière avec qui j’ai beaucoup discuté et avec qui ça a matché tout de suite. Elle travaillait sur des plateaux et une semaine après notre rencontre, elle m’appelle : elle était avec une comédienne qui était obligée de se transformer entre deux entrées sur scène. Elle avait besoin de conseils, car c’était compliqué pour elle. C’était Emmanuelle Seigner. J’ai discuté avec elle de sa couleur, et ce que je lui ai dit lui a plu puisqu’elle est ensuite venue au salon. C’est la première personne connue que j’ai eue comme cliente, et cela m’a porté bonheur !

Un mois plus tard j’avais ¼ de page dans le ELLE

Entre 2000 et 2003, j’ai beaucoup travaillé dans les théâtres où mon nom a commencé à circuler, même si je continuais, bien évidemment, à être au salon. J’ai fait huit pièces. Je n’y étais pas tous les soirs sauf pour L’Éducation de Rita, pendant quatre mois. Pour les autres pièces, je faisais les coiffures pour les photos, les couleurs, et j’apprenais aux comédiennes à se coiffer et entretenir leurs cheveux.

En 2002, la maison Claude Maxime est entrée en redressement judiciaire et l’administrateur m’a demandé de prendre la direction de Claude Maxime Mondial avenue Georges V. Il fallait que la maison tourne pendant le rachat. M. François a racheté Claude Maxime. Je suis resté Directeur Artistique de Claude Maxime, même s’il ne restait qu’un seul salon et en 2006, j’ai été nommé Directeur Artistique Général des marques du Groupe VOG : Claude Maxime, VOG, Tchip et Formul’A.

En janvier 2009, je suis parti pour devenir Ambassadeur Artistique International de Wella Professionals.

Pendant un an, j’ai été un peu nomade, je cherchais un lieu pour travailler. J’ai rencontré Marianne Gray qui m’a sous-loué une pièce dans son salon dans le VIème arrondissement de Paris. J’avais avec moi un assistant et une coiffeuse. Marianne Gray m’avait laissé entendre qu’elle voulait partir. Je suis devenu propriétaire du fond de commerce en 2010 et des murs en 2017. En 2010, j’ai créé « le Bar à Chignons Minute« .

En 2013, j’ai ouvert le Bar des Coloriste avec Jean-Marc Lucifora, le premier concept auto-proclamé de vente de produits professionnels au grand public par des experts coloristes.

En 2016, j’ai ouvert L’Atelier Biot dans la Galerie Vivienne. C’est un lieu naturel de produits 100% végétaux sans une once de produits conventionnels ou chimiques et sans diffusion de laque.

2017, j’ai ouvert une Maison de Coiffure à Mulhouse, au même endroit où j’avais commencé en 1993.

Je ne sais jamais si c’est moi qui choisis les lieux ou si ce sont les lieux qui me choisissent. Ce sont toujours des lieux qui ont une connotation historique.

Puis il y a eu la cabine au Lutétia, puis deux ouvertures saisonnières de Maisons de Coiffure à Val d’Isère au sein du Mademoiselle et à St Tropez au sein du Château de la Messardière.

Ton meilleur souvenir lié à la coiffure 

J’en ai tellement… Mais le meilleur souvenir est toujours à créer.

Tes prochains projets 

J’ai toujours beaucoup de projets en tête… j’ai de nouvelles adresses qui vont ouvrir à travers le monde puis un nouveau concept à venir début 2021, de nouvelles lignes de produits, de nouveaux projets à l’international avec Wella Professionals, et ma tournée d’adieu à la scène (et pas à la coiffure, ndlr) que j’aurais dû faire en 2020 et que je n’ai pas pu commencer.

Ton meilleur conseil à quelqu’un qui débute 

Il faut toujours regarder devant soi, tout en respectant le passé et ne pas avoir d’attaches, de montre. Il ne faut pas être assujetti à quoi que ce soit. Uniquement à sa passion.

Pour un dîner idéal, qui aimerais-tu inviter ?

J’inviterais : Rudolf Noureev, Greta Garbo, François Mitterrand (et pas pour son appartenance politique), Meryl Streep, Yves St Laurent, Bernard Buffet, Dali et Jacques Brel… C’est déjà pas mal… J’ai peur qu’après on ne s’entende plus parler !

À quelle époque aurais-tu aimé vivre ?

J’ai longtemps dit « mon époque« , mais avec ce qu’on est en train de vivre, ce n’est pas la meilleure ! La période la plus créative et la plus excitante à tout point de vue c’est entre les années 60 et 80. Pour la mode, les artistes… pour tout. J’aurais aimé être acteur de mon métier à cette époque-là.Tout se passait à Paris. On rêvait d’Alexandre de Paris, des sœurs Carita, de Jean-Louis David, de Claude Maxime, tous très modernes… C’était une superbe période en terme de création…

En dehors de la coiffure que fais-tu ?

Rien, je n’ai pas le temps… la coiffure me prend tout mon temps.

Les dates importantes de ta vie 

De ma naissance à aujourd’hui, chaque journée est importante.

Ce que tu détestes le plus 

La mauvaise foi et l’injustice. Je déteste aussi le « bon courage » à chaque fin de conversation en ce moment.

Ce qui t’inspire le plus 

La vie elle-même et la politique. Dans la vie tout est politique. On fait de la politique même si on ne veut pas en faire… Les décisions politiques influencent ma vie. On retrouve tout ça dans mes shows, où il y des messages.

L’objet dont tu ne te sépares jamais 

Mes lunettes… j’en ai plus de 50 paires. J’ai plus de lunettes que de caleçons… 🤣🤣🤣

Ton insulte préférée 

Quelle gourde celle-là ! ou : idiote !!

Le mot que tu ne prononces jamais 

Si je le prononce ce ne sera plus un mot que je ne prononce jamais donc je ne vais pas le prononcer.

Ton lieu idéal 

Mes Maisons de coiffure


www.christophenicolabiot.com

Maison de Coiffure Christophe Nicolas Biot, 52 rue St André des Arts, Paris 6

Maison de coiffure Christophe Nicolas Biot, 25 rue Royale, Paris 8

Maison de Coiffure Christophe Nicolas Biot, 1 passage de l’Hôtel de ville, Mulhouse

Maison de Coiffure, Hôtel Airelles Mademoiselle, Val d’Isère

Maison de Coiffure, Château de la Messardière, St Tropez

L’Atelier Biot, 51 Galerie Vivienne, Paris 2

Pour aller plus loin


Publié par

Brigitte Dubus

Entrepreneuse, experte en communication, marketing et développement de business avec 20 ans d'expérience dans la direction de projets B2B et B2C innovants dans différents secteurs offline, online et événementiel, j'ai créé en 2010 le magazine Perfect Beauty dédié à la beauté médicale autour d'un comité d'experts dans le domaine (chirurgiens, médecins, dermato, nutritionnistes, coach sportifs, kiné, esthéticiennes, pharmaciens, scientifiques...). J'ai ensuite dirigé le magazine Biblond, magazine B2B dédié au marché de la coiffure, pour en faire l'un des leaders de son marché. En 2018 j'ai suivi des formations pour passer mon CAP coiffure afin de me rapprocher de mes lecteurs-coiffeurs et mieux comprendre le métier de coiffeur, ses difficultés mais aussi les joies qu’il peut procurer. Aujourd’hui, forte d’une expérience à 360° du marché de la coiffure et de la beauté en général, toujours soucieuse de valoriser le métier de coiffeur et d’aider les acteurs de ce marché, je mets mes connaissances des médias, de la communication et du marketing au service de chacun.

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