beauté japonaise

Les Secrets de la beauté japonaise dévoilés

Du 7 octobre 2020 au 6 février 2021, la Maison de la Culture du Japon à Paris propose un exposition inédite autour de la beauté japonaise. Coiffure, maquillage, rituels et tradition, une exposition passionnante à découvrir absolument si vous êtes de passage à Paris.

Les codes de la beauté japonaise

Quand on pense à la beauté japonaise, il est difficile d’échapper à l’image des geishas, sublimes silhouettes devenues mythiques, que l’on croise encore aujourd’hui dans certaines rues de Kyoto. Kimono, ceinture obi, chignons ornés de piques, visages et cou d’un blanc immaculé, bouche rouge… Saviez-vous que cette esthétique si particulière et chère à la tradition remonte à l’ère d’Edo (1603-1867) ? C’est à cette période que se sont construits ces codes de la beauté, en même temps que l’art du théâtre kabuki et des estampes. La beauté des femmes japonaises est codifiée. Le moindre détail est pensé dans des manuels d’éducation et transmis de génération en génération. L’esthétique est alors un marqueur social fort. Il permet de déterminer l’appartenance de classe, mais aussi le statut marital de la femme. 

Le Gynécée de Chiyoda : Le changement d’habits, Yôshû Chikanobu © POLA Research Institute of Beauty & Culture

Placement de produit et influenceurs avant l’heure

À deux pas de la Tour Eiffel et du musée du Quai Branly se trouve la Maison de la Culture du Japon. C’est là que se tient, jusqu’au 6 février 2021, une très belle exposition qui raconte, au travers de nombreuses estampes et accessoires, l’importance sociale de la beauté japonaise.

Les estampes montrent des portraits de femmes aux coiffures et maquillages très sophistiqués, des scènes de femmes s’apprêtant, des représentations fidèles d’ustensiles et de produits cosmétiques. Certaines des pièces présentées nous montrent que les réseaux sociaux n’ont pas inventé le placement de produits. Les noms des produits ou des marchands sont représentés et mis en scène. Les marques de rosée florale, rouge précieux et blanc pour le teint, best-sellers de l’époque, ont déjà de jolis contenants et des ambassadeurs : les acteurs de kabuki et les courtisanes. Leurs silhouettes pointues faisaient l’admiration de toutes les femmes. De vrais « faiseurs de tendance », dont l’art de la parure devenait un source d’inspiration quotidienne.

Blanc, noir, rouge : trois couleurs pour un maquillage complexe

Le maquillage à l’ère Edo tourne autour de trois couleurs seulement. L’application demande un certain savoir-faire et obéit à des codes très précis.

  • Le blanc, un art subtil utilisé pour le visage, le cou et la nuque. Il est dosé pour apporter de l’éclat et du modelé au visage. Il doit mettre certaines zones en valeur, et en éviter d’autres, comme la racine des cheveux. 
  • Le noir, un marqueur social fort utilisé pour les sourcils, mais aussi les dents. Les femmes se teignent les dents de noir une fois mariées. Elles se rasent les sourcils à la naissance de leur premier enfant. Il y a cependant des exceptions. Ainsi, dans la noblesse de cour et l’aristocratie guerrière, passé un certain âge, les femmes redessinent leurs sourcils haut sur le front, en fonction de la forme de leur visage. Et les courtisanes peuvent aussi se teinter les dents de noir, en signe de fidélité à leur client.
  • Le rouge, rare et précieux. Il se pose avec parcimonie sur les lèvres et les joues, mais aussi les ongles et le coin de l’œil. 

La coiffure japonaise : l’art du chignon à son apogée

L’art sophistiqué de la coiffure connaît un tournant à l’époque Edo. Depuis des siècles, les japonaises laissaient traditionnellement pendre leur longue chevelure dans le dos. Mais les danseuses de kabuki et les femmes de plaisir ont commencé à relever leurs cheveux vers la fin du XVIe siècle. Tout comme le maquillage, la coiffure est un indicateur d’âge, de classe sociale, de statut matrimonial ou de profession. Les styles de chignons se diversifient rapidement, au point qu’on en compterait jusqu’à plusieurs centaines. Certains ont été reproduits sous forme de perruques miniatures pour l’exposition. Parallèlement se développent les ornements de cheveux. Peignes, épingles, piques en nacre, argent, bois, ivoire ou écaille de tortue viennent ainsi égayer le noir des cheveux. Ce sont les seuls accessoires des femmes japonaises, qui ne portent aucun bijou : pas de colliers, bracelets, bagues ou boucles d’oreilles.

© POLA Research Institute of Beauty & Culture

Secrets de beauté, Maquillage et coiffure de l’époque Edo dans les estampes japonaises


Publié par

Clémence Brescon

Rédactrice beauté et santé pour la presse magazine depuis plus de dix ans, je pourrais passer des heures à vous parler bien-être, cosmétiques, diététique, des dernières tendances aux méthodes les plus traditionnelles. Les nombreux experts passionnés que j’ai eu la chance de rencontrer au fil des années m’ont convaincue que la beauté n’avait rien de futile. Esthéticiennes, facialistes, coiffeurs, spécialistes de la formulation cosmétique ou de nouvelles technologies, dermatologues, médecins esthétiques ou coachs sportifs, nous sommes tous d’accord pour dire que la beauté est essentielle pour parvenir au bien-être et à la confiance en soi. Esthétique et bien-être, beauté et santé, forme physique et état psychologique… tout est intimement lié. Je vous propose de partir, ensemble, explorer ce monde fascinant.

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